Yves et moi avons fait connaissance il y a maintenant un an et demi lorsque nos parcours professionnels se sont croisés. Il était en fauteuil roulant, moi à pied. Pas facile de faire abstraction de cette infime différence qui ne l’est pourtant pas et de se comporter sans afficher une tendance involontaire à une certaine discrimination positive pour un mal que je ne connais qu’à priori. Je ne pense pas d’ailleurs qu’il apprécie une telle attention et c’est finalement tout naturellement que son handicap s’efface et force le respect même car ce qui est un fait, une partie de sa vie n’est jamais une plainte. La leçon de courage et d’humilité est là, bien là. Côtoyer Yves m’aura donc ouvert les yeux sur le quotidien de personnes pour qui traverser une rue s’apparente parfois à du gymkhana. Là où j’aurai pesté des milliers de fois, Yves n’a jamais dit mots et c’est presque sans réfléchir que les mots de Rudyard Kipling et de son poème « If » se sont mis à raisonner dans ma tête.

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

C’est autour d’un verre qu’Yves m’a fait part de son idée. Ce que je croyais être une blague n’en était pas car l’idée du périple en handbike (vélos à mains) de plus de 4 600 kilomètres en 90 jours, destiné à récolter des fonds au profit de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) avait déjà fait son chemin. Le projet HANDIKAPP-NORD etait donc né. Yves m’expliquait ainsi le choix de la destination, justifiant la destination du Cap-Nord par le fait qu’elle reste un lieu de rêve pour de nombreux baroudeurs. Aussi, l’aventure n’a-t-elle jamais encore été faite en handbike. Enfin, nos voisins scandinaves sont-ils réputés pour être plus avancés que la France sur l’accessibilité des lieux publics et l’intégration des personnes handicapées. Car l’un des autres but de ce voyage un peu fou est de diriger le projecteur sur la question de l’accessibilité dont on ne parle jamais assez.

Le projet : Relier Paris au Cap-Nord aller-retour, dont plus de 4 600 kms en handbike (le voyage jusqu’à Copenhague se fait en voiture). L’occasion de prouver que l’on peut être atteint d’un handicap physique et réaliser un exploit sportif et mental, tout en faisant avancer la recherche.

Départ : Juin 2008.

Comment aider? En soutenant le projet financièrement ou en parler du projet. Le sponsoring de diverses entreprises et un appel aux dons privés permettront de financer la course (50% du budget) et la recherche (50% du budget). Un blog a été créé, afin de faire connaître ce projet. Les visiteurs peuvent y reconnaître le parcours entre Paris, Copenhague, Oslo, le Cap-Nord, Helsinki et Stockholm. La petite équipe du PROJET HANDIKAPP-NORD mobilisée autour d’Yves met d’ores et déjà en ligne des messages régulièrement. Les mots d’encouragement sont aussi les bienvenus. Une fois sur la route, Yves tiendra un journal de bord sur le blog, incluant des photos et des vidéos.

Contact : Yves NERON-BANCEL (yvesnb@gmail.com ou 06 61 78 45 87)

Quelques mots sur l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière :
L’ICM est une Fondation reconnue d’Utilité Publique qui effectue des recherches sur les maladies du cerveau et de la moelle épinière. « L’ICM est un centre unique au monde qui regroupe en un même lieu les malades, les chercheurs et les médecins ». L’ICM, dont le président est le Professeur Gérard Saillant, c’est une équipe de 600 chercheurs et techniciens qui oeuvreront, à partir de 2009, dans 22 000 m2 de laboratoires sur le site de la Pitié-Salpétrière (www.icm-insitute.org).

Tags: /