Retour sur la visite Passion Luxe du Musée Breguet du 13 Novembre

Mardi dernier, Passion Luxe organisait la première rencontre avec ses lecteurs. Le rendez-vous fut ainsi pris à la boutique et au Musée Breguet, Place Vendôme, où Emmanuel Breguet, descendant d’Abraham-Louis Breguet, nous fit l’honneur de nous guider au travers des garde-temps, des inventions et des chefs d’œuvres de son ancêtre pour un passionnant voyage dans l’empyrée horloger et dans l’histoire de France.



A l’heure où se déroulait notre visite, Breguet était sur le devant de la scène, renouant avec son glorieux passé. La marque venait de signer la veille l'une des acquisitions les plus coûteuses de la vente aux enchères organisée par Christie's à Genève en rachetant pour un montant de 1,3 million dollars un garde-temps fabriqué pour l'Impératrice Joséphine. Quelques jours plus tôt, la montre de Marie-Antoinette, que le destin, les aléas de l’histoire et un don, avaient conduit au musée d'Art islamique de Jérusalem, avant de disparaître suite à un vol en avril 1983, réapparaissait au grand jour.


Photographie de la montre Breguet de Marie-Antoinette. Les horlogers de Nicolas G. Hayek pourront enfin tester leur virtuosité en réalisant une copie du garde-temps.

Cette actualité de circonstance, symptomatique du lien véritable, presque viscéral (si tant est que l’on puisse parler de symptôme ici mais les linguistes nous excuserons cet écart) qu’il existe entre l’histoire du fondateur, celle de France et celle des inventions servit de préambule à un plongeon dans les archives de la marque que l’on peut admirer au musée. Y sont ainsi notées les ventes d’une maison séculaire où d’illustres noms côtoient ceux d’amateurs d’origine peut-être plus modeste contribuant néanmoins au prestige de la marque. Car l’acte d’achat chez Breguet est un acte de respect, presque une profession de foi, forme d’intronisation dans un cercle discret d’historiens horlogers aux goûts certains. Point de mode ici mais plutôt une orthodoxie de rigueur dont la simplicité apparente cache pourtant une complexité horlogère véritable ainsi qu’une maîtrise parfaite des techniques d’ornement dont les différents guillochages en sont l’évidence même, pendant décoratif du savoir-faire technique d’un horloger qui aura par ses inventions ou améliorations, on pense notamment à la masse oscillante (que l’on doit d’abord à Perrelet) et au tourbillon, donné à l’horlogerie ses lettres de noblesse, la hissant au rang d’artisanat d’art.


Photographies: Breguet Marine 5817ST/12/5V8 et Breguet Marine 5827BB/12/5ZU. Plus moderne des collections Breguet, la ligne Marine s'appuie sur les valeurs traditionnelles de la Maison tout en les réinterprétant. On retrouve ainsi le minutieux travail de guillochage, les aiguilles breguet ainsi que les cannelures.

Il serait bien illusoire de résumer ici en quelques lignes la vie et l’œuvre d’un horloger comme Breguet. Je vous invite donc à vous rendre à la boutique et au musée pour y découvrir les garde-temps emblématiques de la maison, ses montres simples (ne sonnant pas), celles compliquées (sonnant donc. A noter que cette classification fait passer de fait un gadre-temps jouissant d’un tourbillon, d’un quantième perpétuel et d’une phase de lune au rang de montre simple), ses montres à tact (dont on pouvait lire l’heure en la touchant plutôt qu’avec les yeux), ses montres turques que l’on doit aux commandes de l’empire ottoman et tant d’autres détails comme la signature secrète tracée avec un pantographe à pointe sèche qui contribuent de nos jours encore au prestige de la maison.

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