RON MUECK, ENTRE ATTRACTION ET REPULSION
By Marc Menant on - ART & DESIGN - Permalink

Le débat sur la nature de l’art et en particulier de l’art contemporain n’est pas nouveau, certains mettant en avant sa nécessaire représentativité, son symbolisme, tandis que d’autres mettent avant tout en exergue le travail sur la forme, la couleur, bref l’image. Les œuvres de l’artiste australien, Ron Mueck, présentées à la fondation Cartier pour l’Art contemporain jusqu’à 19 février prochain relanceront certainement le débat. Ses sculptures représentant des êtres humains poussent le réalisme à un point probablement jamais atteint jusqu’à lors. Mais pourquoi représenter ces êtres dans une relation à l’espace et à la taille totalement bouleversée. Peu d’œuvres connaissent une telle intensité et le spectateur, qu’il approuve ou non ce type d’art ne peut être que fasciné par ces êtres qui semblent vivants, mélancoliques, prêt à se mouvoir. Une étrange relation se forme avec elles, entre attraction et révulsion.
Lors de ma visite à la fondation, j’avais d’ailleurs écris les mots suivants : « La nature de l’art a évolué de la même manière, dans le même sens que la société. La monarchie, les Ordres, le tiers état étaient des sociétés de symboles. Dans ce sens, l’art se devait de symboliser la place de la personne dans la société. Mais cette dernière a profondément évolué depuis lors, éclaté. Plus que sur des symboles, les artistes travaillent désormais peut-être plus sur des formes et des couleurs, dans un art qui ne pourrait trouver sa raison ou son explication autre part que dans lui-même.
En poussant le réalisme à un point tel qu’il est même difficilement soutenable pour le regard humain, Ron Mueck cherche probablement à amener le spectateur à s’interroger sur la place de l'homme dans la société ou du moins porter un nouveau regard sur celui-ci. Et je pense que le pari est réussi.
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