KAZIMIR MALEVITCH, LA SUPREMATIE DU SUPREMATISME
By Marc Menant on - ART & DESIGN - Permalink
La Belgique, dans le cadre d’Europalia, festival prenant son terme le 21 février prochain, célèbre la Russie par une série d’expositions. Ce festival, en n’oubliant aucune forme d’art, fait la part belle à la peinture et au mouvement avant-gardiste russe.

Au départ de la modernité et de l’abstraction, un mouvement hors du commun secoue le monde artistique russe: dès 1907, la première avant-garde russe se dresse contre le naturalisme et les rêveries symbolistes. Les artistes russes, à ce moment, comptent parmi les protagonistes les plus audacieux des bouleversements qui fonderont l’art du XXe siècle. Ce mouvement avant-gardiste connaîtra de nombreuses étapes -néo-primitivisme, cézannisme, fauvisme russe, cubo-futurisme, première abstraction, suprématisme, constructivisme
Parmi les acteurs majeurs de ce renouveau pictural, on trouve Kazimir Malévitch (1878 – 1935). S’inspirant de Cézanne, puis réalisant la synthèse entre le cubisme et le futurisme, il explorera par la suite des voies où peu l’auront suivi pour devenir le maître à penser de son mouvement : le suprématisme. Son « Carré Noir sur fond blanc » (1915) se révèlera l’emblème de cette mouvance. Cette œuvre n’aura d’autre sens qu’elle-même. Autrement dit, elle ne signifiera rien, elle sera, nouvelle forme de peinture constituant son propre but, appel à l’exploration des sentiments du spectateur. Les cubistes, en pulvérisant l’objet seront allés au delà du champs figuratif. Malévitch aura dépassé le problème de la couleur et de la surface pour ne plus s’occuper que de celui de la représentation de l’infini.
Paradoxalement, les œuvres associés spontanément à l’artiste sont celles de la fin de sa carrière, représentant des personnages. Retour à la peinture ? Volonté de satisfaire, du moins en apparence, le régime communiste ? Ces dernières œuvres sont avant tout un retour à la figuration inquiétant, les personnages devenant progressivement une simple forme géométrique, perdant leur bras, leur visage, signe peut-être d’une protestation de l’artiste contre la politique de nationalisation des terres de l’époque et la misère paysanne.
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